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    ''Quand on est jeune...on cherche l'agitation , le bruit, la foule, le paraître.....
    Puis viennent la sagesse, la maturité, on comprend mieux le sens de la vie profonde...
    On contemple, on cherche le silence,la paix intérieure, les grands espaces déserts qui nous donnent le sentiment d'exister vraiment...
    On fait le point de nos rêves, de ce qui nous reste à accomplir, à les rendre possible...
    On fuit dès que possible l'agitation, pour reposer notre âme du tumulte de la vie...
    On cherche la sérénité comme une amie sincère et durable.
    On prend le temps de respirer l'air iodé ou de regarder le battement d'ailes d'un papillon....
    La brillance des paillettes prennent un autre sens...on veut plus devenir, on veut être....
    A chercher, à montrer le fabuleux....on veut juste partager dans une intégralité , sans arrière pensée.
    Se laisser aller à la communion avec des gens qui offrent leur cœur sans attendre le rendu...
    Montrer le chemin de la joie avec des petits riens .
    Rendre le bonheur contagieux.
    Ignorer le mal ,passer a coté de la bêtise sans lever les yeux...
    Ne plus se battre contre les incompréhensions,ne plus se justifier se foutre des jugements.
    Continuer notre route vers le soleil même si les jours de pluie font partie de la vie....
    Il y a une libération de nos chaînes, de nos peurs....on ne veut plus être forcer de ralentir par nos boulets aux pieds ,mais juste continuer notre chemin en évitant les pierres le plus possible.
    Faire de nos murs des ponts...pour traverser au lieu de reculer.
    On recherche l'apaisement, la douceur ,la bonté, les sourires ,les petites choses qui font du bien...
    Faire battre notre cœur sans froid ni blessure le plus souvent ,le laisser aller à ses envies ses pulsions....
    Ne plus combattre le silence ,mais au contraire le laisser nous parler le plus possible ...
    Voir les étoiles au-delà de la nuit, le soleil au-delà des nuages...
    Essayer de vivre nos tempêtes avec l'espoir des jours meilleurs, au lieu de l'accuser de tous nos maux .
    Croire en cette force qui est en nous de pouvoir, sans attendre les approbations.
    De regarder la vie toujours vers le bas ou vers le haut sans juste milieu....chaque étape nous a appris , nous apprends, ou nous apprendrons encore...
    La chance n'existe pas....on croise notre destin à un moment où a un autre, il suffit de vouloir prendre le train ou de rester à quai....
    Nous n'avons qu'un seul voyage à faire sans retour possible....alors il faut regarder devant faire en sorte que notre fin de voyage se fasse sans le moins regret possible.
    Avoir une existence qui nous ressemble....
    Une existence où on a droit à la paix à faire notre propre voyage.....

    Le soleil se couche et moi je vis.''moi je vis.''


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    L’image contient peut-être : ciel, plein air, nature et eau

     

    Balade en Catalogne du Sud 


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    • Quelle différence entre la lucidité et l'introspection?
      Et qui est lucide, lorsqu'il y a lucidité?

     

    Examinons d'abord ce que nous entendons par introspection.
    Nous appelons introspection le fait de regarder en soi-même, de s'examiner soi-même.
    Or, pourquoi s'examine-t-on ?
    En vue de s'améliorer, en vue de changer, en vue de modifier.
    Vous vous livrez à l'introspection en vue de devenir quelque chose, sans quoi vous ne vous complairiez pas en l'introspection.
    Vous ne vous examineriez pas s'il n'y avait pas le désir de modifier, de changer, de devenir autre chose que ce que vous êtes.
    C'est la raison évidente de l'introspection.

    Je suis en colère et je me livre à l'introspection, je m'examine afin de me débarrasser de la colère, ou de modifier, de changer la colère.
    Or, lorsqu'il y a introspection (qui est le désir de modifier ou de changer les réponses, les réactions du moi), il y a toujours un but en vue ; et lorsque ce but n'est pas atteint, il y a de la mauvaise humeur, une dépression.

    Ainsi l'introspection va invariablement de pair avec la dépression.

    Je ne sais pas si vous avez remarqué que lorsque vous vous livrez à l'introspection, lorsque vous regardez en vous-mêmes en vue de vous changer, il y a toujours une vague de dépression.
    Il y a toujours une vague de mauvaise humeur contre laquelle il vous faut batailler ; vous êtes obligé de vous examiner de nouveau afin de dominer cette humeur, et ainsi de suite.

    L'introspection est un processus qui consiste à transformer ce qui est en quelque chose qui n'est pas.
    Il est clair que c'est exactement ce qui se produit lorsque nous faisons de l'introspection, lorsque nous nous complaisons en cette action particulière.

    En cette action il y a toujours un processus d'accumulation, le « je » examinant quelque chose dans le but de le changer.
    Il y a donc toujours une dualité en état de conflit, et par conséquent un processus de frustration.
    Il n'y a jamais d'affranchissement ; et comme on sent cette frustration, il en résulte une dépression.

     

    Mais la lucidité est entièrement différente.
    La lucidité est l'observation sans condamnation.

    La lucidité engendre la compréhension, car elle ne comporte ni condamnation ni identification, mais une observation silencieuse.

    Si je veux comprendre quelque chose, je dois évidemment l'observer, je ne dois pas critiquer, je ne dois pas condamner, je ne dois pas le poursuivre comme étant un plaisir ou l'éviter comme étant un déplaisir.

    Il faut qu'il y ait simplement la silencieuse observation d'un fait.

    Il n'y a pas de but en vue, mais une perception de tout ce qui survient.
    Cette observation, et la compréhension de cette observation cessent lorsqu'il y a condamnation, identification ou justification.
    L'introspection est une amélioration de soi, et par conséquent l'introspection est égocentrique.
    La lucidité n'est pas une amélioration de soi.

    Au contraire, c'est la fin du moi, du « je » avec toutes ses idiosyncrasies, ses particularités, ses souvenirs, ses exigences, ses poursuites.

    Dans l'introspection, il y a identification et condamnation.
    Dans la lucidité, il n'y a ni condamnation ni identification ; par conséquent, il n'y a pas d'amélioration du soi : il y a une immense différence entre les deux.

    L'homme qui veut s'améliorer ne peut jamais être lucide, parce que l'amélioration implique une condamnation et l'obtention d'un résultat, tandis qu'en la lucidité il y a observation sans condamnation, sans déni ni acceptation.

    Cette lucidité commence avec les choses extérieures, elle consiste à être conscient, à être en contact avec les objets, avec la nature.

    Tout d'abord, on perçoit avec lucidité les choses qui vous entourent, on est sensible aux objets, à la nature, ensuite aux personnes, ce qui veut dire être en relation, et ensuite il y a la perception lucide des idées.

    Cette lucidité – qui consiste à être sensible aux choses, à la nature, aux personnes, aux idées – n'est pas composée de processus différents, mais est un seul processus unifié.
    C'est une constante observation de tout, de chaque pensée, sentiment et acte à mesure qu'ils surgissent en nous-mêmes.
    Et comme la lucidité n'est pas condamnatoire, il n'y a pas d'accumulation.
    Vous ne condamnez que lorsque vous avez un critérium, ce qui veut dire accumulation, et par conséquent amélioration du moi.

    Être lucide c'est comprendre les activités du moi, du « je », dans ses rapports avec les gens, avec les idées, avec les choses.
    Cette lucidité est d'instant en instant et, par conséquent, n'est pas obtenue par des exercices.
    Lorsque vous vous exercez à une chose, elle devient une habitude; et la lucidité n'est pas une habitude.
    Un esprit routinier n'est plus sensitif, un esprit qui fonctionne dans l'ornière d'une action particulière est obtus, n'a pas de souplesse ; tandis que la lucidité exige une continuelle souplesse, une grande vivacité.
    Cela n'est pas difficile : c'est ce que vous faites tous lorsque quelque chose vous intéresse, lorsque cela vous intéresse d'observer votre enfant, votre femme, vos plantes, vos arbres, vos oiseaux.
    Vous observez sans condamnation, sans identification ; par conséquent, dans cette observation il y a une complète communion, l'observateur et l'observé sont complètement en communion.
    C'est cela qui, en fait, a lieu lorsque vous êtes profondément intéressé par quelque chose.

    Ainsi, il y a une très grande différence entre la lucidité et l'amélioration auto-expansive du soi qu'est l'introspection.

    L'introspection mène à la frustration, à de nouveaux et plus vastes conflits, tandis que la lucidité est un processus qui nous affranchit de l'action du moi ; elle consiste à être conscient de vos mouvements quotidiens, de vos actions, et à être conscient des autres personnes, de les observer.

    Vous ne pouvez faire cela que lorsque vous aimez. lorsque vous êtes profondément intéressé par quelque chose ; et lorsque je veux me connaître, connaître mon être entier, le contenu total de moi-même et pas seulement une couche ou deux de ma conscience, alors de toute évidence, il ne doit pas y avoir de condamnation.

    Alors je dois être ouvert à chaque pensée, à chaque sentiment, à chaque humeur, à chaque refoulement ; et, au fur et à mesure qu'il y a de plus en plus de lucidité expansive, il y a une libération de plus en plus grande des mouvements cachés des pensées, des mobiles, des poursuites.

    Ainsi, la lucidité est liberté ; elle octroie la liberté ; elle concède la liberté.
    Tandis que l'introspection cultive les conflits, le processus d'isolement du soi ; par conséquent, il y a toujours en elle une frustration et de la peur.

     

    Vous voulez savoir « qui » est lucide.
    Lorsque vous avez une profonde expérience, de n'importe qu'elle sorte, que se produit-il?
    Lorsqu'il y a une telle expérience, êtes vous conscient du fait que vous êtes en train de passer par une expérience?

    Lorsque vous êtes en colère, dans le fragment de seconde où éclate la colère – ou la jalousie, ou la joie – êtes vous conscient du fait que vous êtes joyeux ou que vous êtes jaloux?

    Ce n'est que lorsque l'expérience est passée qu'il y a l'expérimentateur et la chose expérimentée.
    Alors l'expérimentateur observe l'objet de l'expérience.

    Mais au moment de l'expérience, il n'y a ni observateur ni la chose observée : il n'y a que l'acte vivant de l'expérience.

    Or, la plupart d'entre nous n'expérimentent pas.
    Nous sommes toujours en dehors de l'état d'expérience vécue, et par conséquent nous posons cette question pour savoir « qui » est l'observateur, « qui » est lucide.

    Mais cette question n'est-elle pas évidemment une fausse question?

    Au moment où il y a expérience vivante, il n'y a ni la personne qui est lucide, ni l'objet de sa lucidité.
    Il n'y a ni l'observateur, ni l'observé, mais seulement un état d'expérience vécue.
    La plupart d'entre nous trouvent qu'il est extrêmement difficile de vivre dans un état d'expérience, parce que cela exige une extraordinaire souplesse, une promptitude, un haut degré de sensibilité ; et cela vous est refusé lorsque vous êtes à la poursuite d'un résultat, lorsque vous voulez réussir, lorsque vous avez un but en vue, lorsque vous êtes en train de calculer ; car tout cela engendre de la frustration.
    Mais un homme qui ne demande rien, qui ne poursuit pas un but, qui n'est pas en quête d'un résultat (avec toutes ses implications), un tel homme est dans un état de continuelle expérience vivante.
    Alors, tout a un mouvement, une signification, et rien n'est vieux ; rien n'est tracé, rien n'est répétition, parce « ce qui est » n'est jamais vieux.
    La provocation est toujours neuve.
    Ce n'est que la réponse à la provocation qui est vieille ; et le vieux crée un surcroît de résidu, qui est mémoire, et qui est l'observateur, lequel se sépare de ce qui est observé, de la provocation, de l'expérience.

    Vous pouvez faire cette expérience vous même très simplement et très facilement.
    La prochaine fois que vous serez en colère ou jaloux ou avide ou violent (ou autre chose), observez-vous.
    En cet état, « vous » n'êtes pas.
    Il n'y a qu'un état d'être.
    Mais le moment, l'instant qui suit, vous lui donnez un nom, vous lui appliquez une dénomination, vous l'appelez jalousie, colère, avidité.
    Et alors, vous avez immédiatement créé l'observateur et l'observé, l'expérimentateur et la chose éprouvée.

    Lorsqu'il y a l'entité qui a éprouvé et la chose qui a été éprouvée, l'entité cherche à modifier l'expérience, à la changer, à se souvenir des choses qui s'y rapportent, et ainsi de suite.
    Elle maintient ainsi une division entre elle et ce qui a été éprouvé.
    Mais si vous ne nommez pas ce sentiment – ce qui veut dire que vous ne cherchez pas un résultat, que vous ne condamnez pas, que vous êtes simplement et silencieusement en état de perception de ce sentiment – alors vous verrez que dans cet état sensible d'expérience, il n'y a ni observateur ni objet d'observation ; car l'observateur et la chose observée sont un seul phénomène unifié, et il n'y a que de l'expérience vécue.

    Donc l'introspection et la lucidité sont entièrement différentes.

    L'introspection mène à la frustration, à des conflits, car en elle est impliqué un désir de changement, et un changement n'est qu'une continuité modifiée, tandis que la lucidité est un état dans lequel il n'y a ni condamnation ni justification ni identification, donc il y a compréhension ; et en cet état de lucidité passive et vivace il n'y a ni l'expérimentateur ni l'objet de l'expérience.

     

    Monsieur (dame), ce que je dis n'est pas très difficile, bien que cela pourrait vous sembler verbalement difficile.
    Mais vous remarquerez vous-même, lorsque vous êtes très gravement et très profondément intéressé par quelque chose, que c'est cela qui se produit en fait.
    Vous êtes si complètement immergé dans la chose qui vous intéresse qu'il n'y a pas d'exclusion, pas de concentration.
    L'introspection, qui est une forme d'amélioration de soi-même, d'expansion de soi-même, ne peut jamais mener à la vérité, parce que c'est toujours un processus d'isolement, tandis que la lucidité « est » un état dans lequel la vérité entre en existence, la vérité de « ce qui est », la simple vérité de l'existence quotidienne.

    Ce n'est que lorsque nous comprenons la vérité de l'existence-quotidienne que nous pouvons aller plus loin.

    Vous devez commencer près pour aller loin ; mais la plupart d'entre nous veulent sauter, commencer au loin sans comprendre ce qui est tout près.
    Au fur et à mesure que nous comprendrons ce qui est près, nous nous apercevrons que la distance entre ce qui est près et ce qui est loin n'est pas.
    Il n'y a pas de distance – le commencement et la fin sont un.

     

    Krishnamurti.
    De la Connaissance de soi.
    Ed. Courrier du Livre.

    La vérité est un pays sans chemin


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    • L’essence de l’Enseignement
      Rédigé par Krishnamurti lui-même en 1980 à la demande de sa biographe Mary Lutyens.

     

    L’essence de l’enseignement de Krishnamurti se trouve dans sa déclaration de 1929, où il dit : « la Vérité est un pays sans chemin ».


    Nulle organisation, croyance, nul dogme, prêtre ou rituel, aucun savoir philosophique, aucune technique psychologique ne permet à l’homme de s’en approcher.
    Il doit la découvrir dans le miroir de la relation, par la compréhension du contenu de son propre esprit, par l’observation et non par l’analyse introspective ou la dissection mentale.

     

    L’homme a édifié en lui une barrière de sécurité faite d’images – religieuses, politiques, personnelles.
    Elles prennent vie sous forme de symboles, d’idées et de croyances.
    Le poids de ces images opprime la pensée de l’homme, ses relations, sa vie de tous les jours.
    Ces images sont les racines de nos problèmes, car elles séparent l’homme de l’homme.
    Sa perception de la vie est pétrie de concepts arrêtés d’avance.
    Le contenu de cette conscience est toute son existence.
    Ce contenu est commun à toute l’humanité.

     

    Un individu est un nom, une forme et la culture superficielle qu’il assimile de la tradition et de son environnement.
    La nature unique de l’homme ne réside pas dans cet aspect superficiel, mais dans une liberté totale à l’égard du contenu de sa conscience, laquelle est commune à tous les êtres humains.

     

    La liberté n’est pas une réaction ; la liberté n’est pas un choix.

    C’est la prétention de l’homme de se croire libre parce qu’il a le choix.
    La liberté est pure observation, non dirigée, sans crainte de punition, sans désir de récompense.

    La liberté n’a pas de motif ; la liberté n’est pas au bout de l’évolution de l’homme, mais se tient dans le premier pas de son existence.
    Par l’observation, on commence à découvrir le manque de liberté.
    La liberté se révèle dans l’attention vigilante et sans choix que l’on porte à son existence quotidienne et à ses activités.

     

    La pensée est temps.
    La pensée est née de l’expérience et du savoir, qui sont inséparables du temps et du passé.
    Le temps est l’ennemi psychologique de l’homme.
    Notre action s’appuyant sur le savoir, et donc sur le temps, l’homme est en permanence l’esclave du passé.

    La pensée étant toujours limitée, nous vivons constamment dans l’effort et le conflit.
    Il n’y a pas d’évolution psychologique.

    Si l’homme perçoit le mouvement de ses propres pensées, il verra la scission entre le penseur et la pensée, l’observateur et l’observé, l’expérimentateur et l’expérience.

    Il découvrira que cette scission est une illusion.

    Alors ne demeure que la pure observation qui est vision directe, sans aucune ombre de passé ou de temps.

    Cette vision pénétrante et intemporelle produit une transformation radicale et profonde dans l’esprit.

     

    La négation totale est l’essence du réel.
    Quand il y a négation de toutes les choses que la pensée a produites psychologiquement, alors seulement est l’amour, qui est compassion et intelligence.

     

    Krishnamurti.

     

    Copyright ©1980 Krishnamurti Foundation Trust Ltd.

    Site de l’Association Culturelle Krishnamurti.


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    • Entrer en contact avec la mort, mourir sans discussion, savez-vous ce que cela veut dire ?

     

    Car la mort, lorsqu’elle vient, n’argumente pas avec vous.
    Pour lui faire face, vous devez, chaque jour, mourir à toute chose : à votre angoisse, à votre solitude, aux relations auxquelles vous vous accrochez ; vous devez mourir à vos pensées, mourir à vos habitudes, mourir à votre femme afin de la regarder avec des yeux neufs ; vous devez mourir à la société afin de pouvoir, en tant qu’être humain, être neuf, frais, jeune, et capable de la regarder avec ces yeux-là.

    Mais vous ne pourrez pas affronter la mort si vous ne mourez chaque jour.
    Ce n’est que lorsqu’on meurt que naît l’amour.

     

    L’esprit qui a peur est dénué d’amour – il a des habitudes, il a de la sollicitude, il peut se forcer à être bon et superficiellement attentionné.
    Mais la peur engendre la souffrance, et la souffrance, c’est le temps sous forme de pensée.

    Donc, mettre fin à la souffrance, c’est entrer en contact avec la mort de votre vivant – en mourant à votre nom, à votre maison, à vos biens, à votre cause, de sorte que vous débordiez de fraîcheur, de jeunesse, de lucidité, et que vous puissiez voir les choses telles qu’elles sont, sans la moindre distorsion.
    C’est ce qui va se passer à l’heure de votre mort.
    Mais notre mort aux choses physiques est limitée.

     

    Nous admettons, en toute logique et en toute raison, que l’organisme cesse un jour de vivre.

    C’est pourquoi nous nous inventons une vie, tissée de tout notre vécu – tissée de nos angoisses quotidiennes, de notre insensibilité quotidienne, de nos problèmes toujours plus nombreux, de toutes ces stupidités de la vie ; cette vie que nous voudrions perpétuer, nous l’appelons « l’âme » – qui est, selon nous, ce qu’il y a de plus sacré, qui participe du divin, alors qu’elle fait toujours partie de votre pensée et n’a donc rien à voir avec la divinité.
    Telle est votre vie !

     

    Il faut donc, chaque jour, vivre et mourir à la fois – car c’est en mourant qu’on est au contact de la vie.

     

    C'est bien sûr, dans la disparition finale qu'est le renouveau, n'est-ce pas?
    Ce n'est que dans la mort que naît quelque chose de neuf.
    Je ne cherche pas à vous rassurer.
    Ce que je vous dis en ce moment n'a ni à être cru ni à être admis, car vous allez en faire une chose rassurante, de même que vous croyez actuellement en la réincarnation ou à la continuité dans l'au-delà, et ainsi de suite.
    Or le fait réel, c'est que toute chose qui perpétue ne peut connaître ni renaissance, ni renouveau.

    Donc, c'est en mourant chaque jour qu'il y a renouveau, qu'il y a renaissance.
    C'est cela, l'immortalité.
    C'est dans la mort qu'est l'immortalité – pas la mort dont vous avez peur, mais l'acte de mourir à toute conclusion, à tous souvenir, à toute expérience, à tout ce à quoi le « moi » s'identifie.
    C'est dans cette mort de chaque instant au « moi » qu'est l'éternité, qu'est l'immortalité et qu'il est une chose dont il faut faire l'expérience – au lieu de lui consacrer maintes spéculations et conférences, comme vous le faites pour la réincarnation et autres choses du même genre ...

     

    Lorsque vous n'avez plus peur parce qu'à chaque minutes il y a fin et renouveau, alors vous êtes ouvert à l'inconnu.
    La réalité, c'est l'inconnu.
    La mort aussi, c'est l'inconnu.
    Mais, entre autres absurdités, dire de la mort qu'elle est magnifique, qu'elle est merveilleuse, sous prétexte que nous allons nous perpétuer dans l'au-delà, est une attitude sans la moindre authenticité.
    Ce qui est authentique, c'est de voir la mort telle qu'elle est – une fin, une fin dans laquelle il y a renouveau, renaissance – pas une continuité.

    Car tout ce qui se perpétue finit par dépérir ; mais ce qui a le pouvoir de se renouveler est éternel.

     

    Krishnamurti
    Le livre de la méditation et de la vie.


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