30
janv.
2022

Discussion autour de l'ego,
Dernièrement, chez des amis, la question était de savoir si l'égo est une bonne chose ou pas. Nous nous interrogions sur le sens de ce mot pour chacun et chacune d'entre nous. Évidemment, pensais-je, il faudrait une encyclopédie pour répondre à cette vaste question. Mais le fait de se trouver face à cette question, en présence d'amis, incite à essayer de trouver des pistes de réflexion susceptibles d'ouvrir et même d'élargir ses propres visions sur le sujet.
Le piège serait, comme toujours, de tomber dans une définition théorique, encyclopédique pêchée dans le fleuve Google. C'est l'occasion d'essayer de comprendre ce que ce mot peut connoter dans l'esprit de ceux qui se lancent dans une telle discussion un dimanche après-midi au coin du feu.
Nous voici donc partis dans cette expérience unique de nous dire les uns aux autres ce que signifie ce mot. L'un y voit une mise en majesté excessive de la personne, l'autre préfère y voir un passage obligé qui nous permet d'exister en tant que sujet, individu, personne. Un dernier nuance en expliquant que l'égo est cet élan premier qui nous permet d'exister et de pouvoir nous affirmer mais qu'il est facile de glisser vers une excroissance qui envahit tout, écrase tout, domine tout.
Difficile de se mettre d'accord et d'entendre les arguments de l'autre sur un sujet qui se prête facilement à la caricature égotiste. Comme dans toute conversation, le plus difficile n'est pas de trouver un point de convergence mais d'accepter que ce terme puisse avoir un sens différent selon l'histoire et l'éducation de chacun. Occasion unique d'écouter des expériences différentes liées à ce mot.
A la réflexion, il me semble que ce mot n'est pas très utile dans la conversation ordinaire, sinon pour dire de quelqu'un qu'il a un égo surdimensionné. Il a servi à la philosophie et à la psychanalyse, avec des sens très différents d'ailleurs. J'aime bien dire que notre égo nous permet de pouvoir dire "je", d'être un sujet supposé conscient et responsable. Là où les affaires se gâtent, c'est quand l'affirmation de soi ne permet plus à l'autre, en face de moi, d'être réellement lui-même un égo pensant et agissant. L'idéal est que les deux égos puissent rester égaux, dans une réciprocité féconde qui permet l'échange, l'écoute et l'enrichissement mutuel. L'idéal serait que l'égo puisse rester à sa juste place. D'ailleurs, en grec, ce mot signifie simplement "je". Donc, je propose de garder ce "je" qui fait de nous des êtres en quête d'un "tu".
Je ne sais pas ce que vous en pensez. Le débat est lancé.
Marc Maronne
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