17
déc.
2021
Aujourd hui un peu d histoire du coin, de contrebandes, bandits, voleurs, de grands chemins .....

Les Trabucayres sont des bandits de grands chemins qui terrorisaient le Vallespir vers 1840.
Les Trabucayres sont ainsi nommés car ils étaient armés de trabucs (tromblons).
En 1840, à la mort de Ferdinand VII, Don Carlos voulut mettre en place la loi salique en Espagne afin de pouvoir régner à la place de la Régente Marie-Christine.
Une guerre se livra alors sans merci entre les partisans de Don Carlos, les carlistes et les partisans de la Régente, les Christinos.
Des pilleurs de l’armée carliste terrorisèrent le Vallespir, de là naquirent les Trabucayres, ainsi nommés car ils étaient armés de trabucs (tromblons).
Ces bandits avaient établi leur quartier général à Las Illas, en raison de sa proximité avec la frontière espagnole et de son habitude de la contrebande.
L'attaque de la diligence

L attaque de la diligence
Le 24 février 1845, ils élaborèrent un plan pour attaquer la diligence de Perpignan roulant vers Barcelona.
Le lendemain, à la nuit tombante, treize hommes quittaient Las Illas en direction de Gerona. Trois jours plus tard, vers 10 heures du soir, la diligence qui traversait un bois situé entre Gérona et Tordéra, fut arrêtée par un cri retentissant dans la nuit silencieuse "Halto !"
La voiture s’arrêtât et les bandits, armés jusqu’aux dents, firent descendre tous les voyageurs, les firent asseoir par terre en cercle, leur intimant l'ordre de jeter au milieu tout ce qu’ils possédaient sur eux sous peine d’être fusillés sur-le-champ.
Après avoir brutalisé les deux officiers espagnols qui faisaient partie de la diligence et les femmes, les bandits choisirent trois hommes qu’ils mirent à part et qu’ils ligotèrent : Don Ballber de Gérona, âgé de 70 ans, Roger, banquier à Figueras, et Jean Massot, 16 ans, étudiant originaire de Darnius.
Insensibles et même agacés par les supplications de Mme Massot, ils emmenèrent à travers bois leurs trois prisonniers.
Deux jours de marche étaient nécessaires pour regagner leur point de départ.
Le lendemain, Don Ballber, accablé de fatigue, se laissa tomber dans la neige.
Au cours d’une altercation avec des soldats et gendarmes, Roger tenta de s’échapper, et trouva la mort, une balle dans la nuque.
Après ces affrontements, les bandits se divisèrent en deux groupes : l’un partit vers Coustouges, l’autre, avec Massot, partit se réfugier dans la grotte de Bassagoda; nous étions le 1er avril 1845.

La rançon
De cette grotte, Massot écrivit de nombreuses lettres à sa mère afin de la convaincre de payer les 65 000 francs de rançon. Mais la malheureuse mère ne disposait pas de cette somme et les Trabucayres ne daignèrent pas répondre à ces tentatives de négociation.
Pendant ce temps, un plan d’attaque fut mis en place des deux côtés des Pyrénées pour prendre les bandits dans un étau.
Ces derniers, prévenus par "Nas Ratat", un de leurs fidèles receleurs, décidèrent de se réfugier au Mas de l’Aloy à Cortsavi. Mais avant de partir, il fallait se débarrasser du prisonnier qui les gênait et qui ne leur apporterait aucune rançon.
C’est le Trabucayre Matheu, dit "Xicolate", le sanguinaire, qui se chargea de l’assassinat. Il se rendit à la grotte de Bassagoda, accompagné de deux compères, armé de « son coutelas à cran d’arrêt muni d’un bout de lame à double tranchant ». C’était le 1er mai 1845.

Le Mas de l’Aloy
Le lendemain, les bandits arrivèrent à Cortsavi à 3 heures du matin. Ils se faisaient passer auprès du fermier de l’Aloy pour des jeunes gens voulant passer la frontière.
Le 5 mai, les gendarmes et les douaniers d’Arles-sur-Tech, prévenus, cernèrent le Mas de l’Aloy. À la sommation qui leur fut faite de se rendre, certains bandits tentèrent de s’échapper. Des coups de feu partirent. Michel Bosch fut mortellement touché. Il demanda à se confesser avant de mourir. Quand la chose fut faite, le prêtre s’écria en passant devant les prisonniers : "Gardez-les bien, ce sont des scélérats !"
Les bandits furent conduits à la prison de Céret.
Ce fut le lendemain de leur arrestation qu’un jeune berger du Mas de l’Aloy, Joseph Courdomy, découvrît dans le foin un panier dans lequel se trouvaient deux oreilles, celles de Massot, que Xicolate avait coupées. Cette macabre découverte servit de pièce à conviction durant le procès.

le procès
Les Trabucayres furent transférés de Céret à la prison Sainte Claire à Perpignan et leur procès dura un an.
Quatre accusés furent condamnés à mort, dont deux à Céret, Jean Simon dit Coll Suspins, dit Tocabens, le chef, et Joseph Balme dit Sagals, et deux à Perpignan, Jérôme Icazes dit Llaurens, et Joseph Matheu dit Xicolate.
Les autres furent condamnés à des années de travaux forcés ou de réclusion criminelle et à l’exposition publique.
Les quatre bandits furent exécutés fin juin 1846. Après s’être repentis, ils moururent donc guillotinés.
Joseph Balme s’écria en montant sur l’échafaud : "Viva Don Carlos, viva religion, yo mori carli !"
Dès lors, le département des Pyrénées-Orientales recouvra sa tranquillité d’antan.
Les tableaux ci-dessous donne la liste telle qu'elle a été écrite lors du procès, avec des précisions apportées par les historiens par la suite.

Hostal des Trabucayres à Las Illas Auberge du Grand Chene à Maureillas
Accusés présents au procès
Prénom et nom Surnom Métier Lieu de naissance Lieu de résidence Âge (années)
Jean Simon (Joan Simon2) Collsuspiné ou Tocabens2 Marchand de safran Saint-Martin de Saint-Forès (peut-être Forès2) Idem 25
Jéôme Icazes Llorens Journalier Tortose (Tortosa ?) Idem 24
Laurent Espell Fray Journalier Porteille-de-la-Cort Idem 27
Joseph Balme Sagals ou Manut ou Berdaguer N.C. Vieil ou San Gregorio Idem 24
Pierre Baklabé Négret Journalier Agremont Idem 22
Salvador Fabregas Nioy-Pioú N.C. Sainte-Colombe-de-Farnès (Santa Coloma de Farners ?) Idem 22
Joseph Matheu Chicolate Muletier Valls N.C. 22
Isidore Forgas Manut Journalier Puycerda (Puigcerdà) Idem 22
Antoine Forcadell Garcias Journalier N.C. Barcelone 32
Martin Reigt - Boulanger Leille Idem 25
L arbre ou se sont cachés les Trabucayres, La plaque comme dirait certains Joseph Camps Sabé ou Sapé Voiturier Montblanc Idem 26
Joseph Pujade - Cultivateur Pinède (Pineda de Mar ?) Monastir del Camp (Passa, Pyrénées-Orientales) 34
Vincent Justafré Parot del Battle Propriétaire Las Illas (Pyrénées-Orientales) Idem 26
Sébastien Barnèdes Tia dels Maners Muletier Saint-Aniol (Sant Aniol de Finestres ?) Métairie dels Maners, à Coustouges (Pyrénées-Orientales) 39
Jean Vicens Nas Ratat ou la Biuda Cultivateur Vilaroja (commune de Coustouges, Pyrénées-Orientales) Métairie dels Maners 40
Emmanuel Colomer Serinette Boucher Vinça (Pyrénées-Orientales) Perpignan 47
Joseph Fabrach Domingo Tartanier Figueras Le Perthus 31
Accusés par contumace
Prénom et nom Surnom Métier Lieu de naissance Lieu de résidence Âge (années)
Catherine Gatel Lacoste - N.C. N.C. Perpignan 20 à 22
Jacques Bosch Jaumetou de las Presas N.C. « Originaire de Las Presas » (Les Preses ?) N.C. N.C.
Planès d'Amont N.C. N.C. Coustouges (Pyrénées-Orientales) N.C. N.C.
Pujol Parot de Santa Barbara N.C. Près d'Olot N.C. 30 environ
Joseph Jep de la Helena N.C. « Originaire de Saint-Laurent-de-Cerdans » (Pyrénées-Orientales) Mas de la Balme, commune de Taulis (Pyrénées-Orientales) 50 environ
Les tableaux ci-dessous donne la liste telle qu'elle a été écrite lors du procès, avec des précisions apportées par les historiens par la suite.

Accusés présents au procès
Prénom et nom Surnom Métier Lieu de naissance Lieu de résidence Âge (années)
Jean Simon (Joan Simon2) Collsuspiné ou Tocabens2 Marchand de safran Saint-Martin de Saint-Forès (peut-être Forès2) Idem 25
Jéôme Icazes Llorens Journalier Tortose (Tortosa ?) Idem 24
Laurent Espell Fray Journalier Porteille-de-la-Cort Idem 27
Joseph Balme Sagals ou Manut ou Berdaguer N.C. Vieil ou San Gregorio Idem 24
Pierre Baklabé Négret Journalier Agremont Idem 22
Salvador Fabregas Nioy-Pioú N.C. Sainte-Colombe-de-Farnès (Santa Coloma de Farners ?) Idem 22
Joseph Matheu Chicolate Muletier Valls N.C. 22
Isidore Forgas Manut Journalier Puycerda (Puigcerdà) Idem 22
Antoine Forcadell Garcias Journalier N.C. Barcelone 32
Martin Reigt - Boulanger Leille Idem 25
Arme blanche utilisée par les Trabucayres ceinturon d un pantalon Oreille du jeune Massot
Joseph Camps Sabé ou Sapé Voiturier Montblanc Idem 26
Joseph Pujade - Cultivateur Pinède (Pineda de Mar ?) Monastir del Camp (Passa, Pyrénées-Orientales) 34
Vincent Justafré Parot del Battle Propriétaire Las Illas (Pyrénées-Orientales) Idem 26
Sébastien Barnèdes Tia dels Maners Muletier Saint-Aniol (Sant Aniol de Finestres ?) Métairie dels Maners, à Coustouges (Pyrénées-Orientales) 39
Jean Vicens Nas Ratat ou la Biuda Cultivateur Vilaroja (commune de Coustouges, Pyrénées-Orientales) Métairie dels Maners 40
Emmanuel Colomer Serinette Boucher Vinça (Pyrénées-Orientales) Perpignan 47
Joseph Fabrach Domingo Tartanier Figueras Le Perthus 31
Accusés par contumace
Prénom et nom Surnom Métier Lieu de naissance Lieu de résidence Âge (années)
Catherine Gatel Lacoste - N.C. N.C. Perpignan 20 à 22
Jacques Bosch Jaumetou de las Presas N.C. « Originaire de Las Presas » (Les Preses ?) N.C. N.C.
Planès d'Amont N.C. N.C. Coustouges (Pyrénées-Orientales) N.C. N.C.
Pujol Parot de Santa Barbara N.C. Près d'Olot N.C. 30 environ
Joseph Jep de la Helena N.C. « Originaire de Saint-Laurent-de-Cerdans » (Pyrénées-Orientales) Mas de la Balme, commune de Taulis (Pyrénées-Orientales) 50 environ
Un trabuc (tromblon)
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