Les causes de cette épidémie, et les manières de penser et d'agir pour l'éradiquer.
Ce virus qui perturbe nos vies parle de moi, de vous, de nous.
Il parle surtout de notre manière d'interpréter sa diffusion. Il suffit de parler avec vos voisins ou d'écouter des témoignages dans les médias anciens ou nouveaux, chacun y va de sa façon de concevoir les choses.
Bien sûr, le méchant adversaire peut être vu comme un étranger malveillant qui vient nous attaquer alors que nous étions tranquilles dans nos vies installées dans la routine. Cette façon de percevoir la situation actuelle est basée sur une vision déterministe et extérieure des faits de l'histoire. Pas de chance, pourrait-on dire, le mal nous attaque défendons-nous exclusivement avec les moyens ordinaires de la guerre: masques, tests, vaccins, traitements médicaux...Mettons tous nos efforts contre le virus, mais surtout ne changeons rien au cadre qui aurait pu au moins favoriser sa propagation.
Il existe une autre façon de voir. Encore plus affirmative et bien identifiée. Celle qui consiste à carrément inscrire les causes de ce qui nous arrive dans les fautes du passé récent de l'humanité. Religieuse ou laïque cette vue des événements actuels renvoie les méfaits du moments à une cause bien identifiée: le péché, la dégradation de l'environnement ou encore une cause susceptible de nous faire payer socialement et économiquement nos erreurs et nos manquements parfois criminels à l'égard de la nature et des humains les plus fragilisés.
Personnellement, je n'adhère à aucune de ces deux façons de voir. Il me semble, plus prosaïquement, que les troubles sanitaires actuels sont difficilement imputables à une cause unique et encore moins à une puissance externe qui prendrait ainsi une forme de revanche sur l'inconséquence de nos modes de vie. Sans être médecin, ni patenté scientifiquement, mon intuition me dit que cette épidémie est à la croisée de toutes les interprétations possibles. Sans doute que notre "pollution" environnementale et politique contribue aux dérèglements sanitaires. Nul doute que le virus se diffuse avec d'autant de facilité qu'il trouve un boulevard devant lui pour prendre toute liberté: affaiblissement de notre système immunitaire, précarisation des conditions de vie de populations victimes de la mondialisation, fragilisation de nos esprits face à la multiplication des peurs, destruction des équilibres biologiques et environnementaux, dérèglements économiques et sociaux, idéologie de la croissance économique, surconsommation, malnutrition, domination effrénée de la nature, irresponsabilité dans la gestion des règles d'hygiène élémentaires...
Bien au-delà de toutes ces discussions théoriques, la seule question qui vaille, au fond, est celle-ci: que vais-je faire, moi en tant que personne, pour tenter de modifier mon mode de vie suite à cette pandémie? Voilà une question concrète et pratique, engageante et susceptible de transformer nos discours en propositions d'actions. Je vous invite à prolonger ce billet en échangeant sur les résolutions de chacun pour anticiper un avenir meilleur. La parole est à vous. Non pour donner votre opinion, mais exprimer les actions que vous envisagez.
Marc Maronne