Aujourd hui je vous amène vers St Maurice en Conflent ....

Saint Maurice de Greulera est une chapelle isolée du côté d'Ille-sur-Tet.
La chapelle est exceptionnelle par le fait qu'elle est de l'époque pré-romane. Elle fut construite autour du Xe siècle et devait très probablement servir à regrouper les familles éparpillées un peu partout le long de la rive de la Têt. Elle apparaît pour la première fois dans les documents en 1242 sous le vocable Sancti Maurici de Agravolera, puis en 1346 sous celui de Ecclesia Sancte Margaritae de Greolara. En un siècle donc la chapelle est passée du St patron Maurice à Ste Marguerite. Cette chapelle devait déjà à cette époque être désaffectée puisqu'un ermite y séjournait en 1389 (le 28 juillet exactement). En 1548 l'église est citée sous le nom de Ecclesia heremitana (ermitage).
Ces premiers ermites étaient des personnes retirées de la vie temporelle, ils réalisaient en s'isolant un cheminement spirituel.
A partir du XVIIe siècle cet état de fait va évoluer.
Tout d'abord, les ermites se multiplient. Chaque village veut le sien. On réhabilite alors les anciens lieux de culte (chapelles oubliées, églises désaffectées, etc.) que l'on dote de logement. Les ermites, bien que toujours isolés, sont plus proches de la population.
Ils ont une image de grande sagesse, ce qui leur permet d'être les confidents des habitants ainsi que leurs conseillers.
St Maurice de Greulera a lui aussi été touché par ce changement. En 1647 la grande chapelle fut construite, sur les bases de la chapelle initiale. L'ermitage est citée en 1688 (Hermita de Sant Maurici de Illa) puis suivra le cours de l'histoire sans évènements remarquables. A la révolution française, en 1790 exactement, les lois anti-cléricales supprimèrent tous les édifices religieux qui n'étaient pas des paroisses. St Maurice fut condamné à fermer, ses biens furent vendus en tant que biens d'Etat. Toutefois l'ermitage put rouvrir au culte en 1838 lorsque ces mêmes lois furent assouplies.
Au cours du XXe siècle la population se désintéressa peu à peu des ermites. St Maurice de Greulera ferma ses portes dans le cours du siècle. Entre 1986 et 1990 la chapelle pré-romane fut restaurée, lui rendant son éclat d'autrefois. On peut désormais la visiter.

Saint-Maurice de Graolera est un des ermitages les plus illustres du Roussillon. Perdu au milieu de la nature montagneuse et sauvage du versant oriental du mont Canigou, il a une origine très ancienne. Il en subsiste aujourd’hui trois bâtiments distincts : tout d’abord une vaste chapelle à chevet plat, orientée nord-sud, datable du milieu du xviie s. (inscrite à l’inventaire supplémentaire en 1927), de la même époque, le logement de l’ermite et, en retour d’équerre, un petit bâtiment (10,50 m sur 3,30 m) délimitant une cour intérieure, qui est en fait la chapelle préromane primitive. Celle-ci est régulièrement orientée est-ouest et pourrait être antérieure au xie s.
La nef unique, d’une hauteur de quatre mètres, voûtée en berceau continu, est prolongée par le chœur à chevet plat, délimité par un arc triomphal légèrement outrepassé. Les murs porteurs sont bâtis en galets de rivière et présentent une épaisseur moyenne de 1,20 m. À l’extérieur, la chapelle est couverte d’une toiture à une seule pente. Celle-ci s’était en partie affaissée entraînant un effondrement de la voûte.
Pour sa réfection, une subvention de 70 000 F a été accordée, en 1986, par la Sauvegarde de l’Art français.

Le nom de cet ermitage apparait dès le XIIIe siècle dans le testament de Bertrand d’Ille qui cède à l’Hôpital des terres jouxtant ce lieu. Au début du XVIIIe siècle la chapelle était en très mauvais état. Elle fut reconstruite et une célébration eut lieu le 22 août 1647 dans la nouvelle église. Un beau retable en bois doré et peint, aux colonnes en marbre a été réalisé au milieu du XVIIIe siècle par l’atelier très réputé de la famille Navarre. Pillé dans les années 1970, grâce à une mobilisation des illois, de la commune et des services de l’État, le retable a été récemment restauré tandis que la commune achetait en 2005, une statue faisant partie de cet ensemble. L’association, accompagnée par les conseils du service des Monuments Historiques a alors commandé au plasticien Joseph Maureso des répliques des deux statues manquantes. Cette réhabilitation est un cas particulier dans le département.
Inscrite aux Monuments Historiques le 24 octobre 1927, cette chapelle préromane (Xeme siècle) apparut pour la première fois dans les écrits au XIIIeme siècle. Rénovée au XVIIIeme siècle, elle accueillit un retable en bois doré et peint aux colonnes en marbre fabriqué par la famille Navarre. Pillée au XXeme siècle, le retable a été rénové puis en 2005, une statue faisant partie de l'ensemble a été achetée par la commune d'Ille-sur-Têt
Merci de votre visite à demain ....