10
août
2021

TRÊVE ESTIVALE
J'aime le mot "trêve",
Parce qu'il porte en son sein un "rêve",
Et que la lettre qui le précède
Me parle d'une vie impossible sans "T",
Entendez... "santé"!
Le mot "trêve" me plaît,
Me donne l'envie de me reposer,
De poser mes valises
Dans le concert de l'été.
Le mot "trêve" est mon allié
Quand le cheval de la vie s'emballe
Et que je sens la nécessité
De m'arrêter, de marquer le pas
Dans le grand cirque de la destinée.
Le mot "trêve" rêve de me voir
Tranquille et détendu
Avant que je ne crève sur la grève
D'une existence trop brève.
Le mot "trêve" me couvre de son voile
Quand les couleurs et les senteurs de l'été
Soulèvent la sève d'un ailleurs bienfaiteur.
Trêve de plaisanterie,
Je vais dès ce jour faire le pari
Que le trésor de mes nuits
Est dans la douce clarté d'un paradis.
Le poète soulève ma mémoire
Quand il écrit dans l'ombre de ses cris:
"Sur le fond de mes nuits Dieu de son doigt savant
Dessine un cauchemar multiforme et sans trêve"(1).
Marc Maronne
(1) Charles Baudelaire,
Les Fleurs du Mal (1857), "le Gouffre".
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