Aujourd hui je vous présente le Métro de Moscou

Il a la réputation d’être le plus beau du monde. Suivant la volonté de Joseph Staline de construire un «palais pour le peuple», certaines de ses stations sont de véritables chefs-d’œuvre où se pressent 8,5 millions de Moscovites et de touristes chaque jour.

Voilà quatre ans que les ingénieurs, dont certains ont travaillé sur le métro de Berlin, de Londres et de Paris, ont relancé les études pour construire un transport urbain indispensable à la nouvelle capitale de l’Union soviétique étouffant sous la circulation. La ligne rouge, Sokolnitcheskaya, constituée alors de dix arrêts, sort de terre en un temps record. Chacune des stations a son style. Mais toutes abritent l’indispensable art à la gloire des travailleurs que Staline veut imposer dans ce qu’il appelle le « palais du peuple ». Marbres, céramiques, vitraux et bronzes doivent rivaliser avec la splendeur des palais de l’ancien empire des tsars.

Un haut lieu de la résistance passive
Dans la nuit du 14 au 15 mai 1935, on raconte que les Moscovites s’installent près des bouches de métro en attendant l’ouverture officielle de la ligne Sokolnitcheskaïa. Le grand-père d’Igor Evguenievitch Gondarevsky, lui, a eu la chance, comme les autres ouvriers du chantier et les délégués au VIIe Congrès national des soviets, de monter dans le premier wagon de couleur sable quelques jours avant, pour les essais. « Mon grand-père est ensuite parti à la guerre sur le front en Finlande alors que ma grand-mère est restée à Moscou. Mon père était né un an plus tôt », raconte Igor. Durant huit ans, Piotr Mikhaïlovitch va défendre l’URSS. Il participe en 1945 à la prise de Budapest et à celle de Vienne et sera décoré de l’ordre du drapeau rouge et de la médaille pour actes de bravoure. Mais le combat contre les « fascistes » touche aussi l’arrière. « Ma grand-mère, Lidia Nilolaevna Gondarevskaja a participé à la défense de Moscou en arrosant les toits que les Allemands tentent d’incendier avec leur aviation. Elle sera aussi décorée pour cela », continue Igor.

La station Park Koultoury est décorée de 26 bas-reliefs de Iosif Rabinovich magnifiant les jeunes sportifs soviétiques. Ils sont posés sur des murs en marbre de Géorgie.
Sur les images historiques, le contraste est étonnant entre cette population pauvre du Moscou en guerre et le marbre jaune du sol, la rhodonite rouge de l’Oural qui recouvre les piliers et les mosaïques imaginées par Aleksandr Deïneka et fabriquées à Leningrad (Saint-Pétersbourg) dans les ateliers de mosaïques des frères Frolov. Creusée à 33 mètres sous terre, Mayakovskaïa comme la plupart des autres stations et des tunnels du métro deviennent le Moscou souterrain de la résistance où près de 500 000 personnes vont passer leur nuit à chaque fois que l’alerte est donnée. « Les femmes avec des enfants dormaient dans des wagons, raconte Pavel Kovalev. On installe des centaines de lit de camp, des fontaines d’eau potable, des toilettes et même une bibliothèque ! »

252 stations et 424,7 kilomètres de voies
« Dans les années 1960 et 1970, les nouvelles stations ont été construites avec une approche beaucoup plus pragmatique, ce qui les rend moins intéressantes d’un point de vue architectural et artistique, explique Roman Latypov, le directeur du développement et de la clientèle. Il faut construire le métro rapidement car la demande est forte. »

un lien pour continuer sa visite et quelques photos trouvées sur le net
http://grand-angle.lefigaro.fr/moscou-metro-russie-art-photos-reportage
Merci à vous de votre passage amical , bon vendredi, Bérénice