18
mars
2021

Bientôt un an de pandémie...
Comme vous, j'essaie de comprendre le sens des événements de cette crise sanitaire qui fait désormais partie de nos réflexes inconscients: mettre son masque, garder les distances, soumettre nos mains plusieurs par jour au liquide protecteur, surveiller sa montre pour rejoindre son domicile à 18h.
Au bout d'un an, nous sommes presque habitués à faire de nos corps les suspicieux gardiens d'une possible contamination. A peine osons-nous convier nos meilleurs amis et proches à venir boire un café ou passer quelques instants à savourer la joie simple, et naguère banale, d'une conversation. Notre désir naturel de vouloir, de temps à autre, transgresser les contraintes du moment nous fait nous interroger et parfois nous culpabiliser: faut-il mettre mon masque, dois-je instaurer une distance critique avec cet ami de longue date que j'avais l'habitude d'embrasser chaleureusement?
C'est vraiment pas facile de "gérer" toutes ces nouvelles manières de nous rencontrer et de continuer, malgré tout, à conserver le meilleur de nos relations sans lesquelles nous ne sommes plus des humains. Le pire serait de refuser tout contact extérieur sous prétexte de vouloir à tout prix se sauver d'un mal menaçant alentour. Les gestes de prudence et de vigilance n'empêchent pas le risque d'être contaminé. Il faut continuer à vivre et surtout à profiter de cette vie qui nous est donnée, chaque jour. Le plus grand danger n'est peut-être pas le risque de contracter le virus du moment mais de s'isoler et de s'installer dans une peur panique paralysante...mortifère.
Je pense souvent aux millions d'être humains dans le monde qui doivent affronter les affres de l'extrême pauvreté et faire face à une insécurité physique et psychologique permanente. Je sais pour l'avoir expérimenté que ce sont souvent ces conditions précaires qui font naître chez les humains des trésors de générosité et de fraternité.
Alors, oui, vivons, vivons à fond et n'oublions pas que sans relations nos vies prennent le risque d'une dangereuse désolation.
Marc Maronne
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