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LE PLAISIR DES LIVRES -

Dans Un village pour aliénés tranquilles, la journaliste Juliette Rigondet raconte l’accueil de malades psychiatriques par des familles d’une petite ville du Cher à la fin du XIXe siècle.

Le 15 décembre 1892, le Dr Auguste Marie pose ses valises à Dun-sur-Auron, petite ville de 5000 habitants dans le Cher. Dans cette commune qui s’étiole à mesure que souffre l’économie de la région, le psychiatre amène 95 aliénées sorties des asiles parisiens, pour créer le premier accueil thérapeutique familial. En 1913, la colonie comptera plus de 1000 patients, et le projet perdure encore aujourd’hui à travers un hôpital accueillant 400 malades, dont quelque 250 logés dans des familles.

«Dun-sur-Auron est le premier lieu où l’on a osé (…) tenter cette expérience: faire sortir de l’asile des personnes séniles, des grands dépressifs, des psychotiques considérés comme “aliénés chroniques tranquilles” et les installer dans des familles (…). Pour délester les asiles psychiatriques parisiens, et pour voir si ces malades de l’âme n’iraient pas mieux hors des murs, libres de leurs allées et venues, en société et “en famille” - même si c’était parfois au bord de celle-ci», écrit la journaliste Juliette Rigondet. Le récit qu’elle livre de cette épopée est extrêmement documenté mais n’a pas l’aridité d’un travail universitaire: l’auteur a passé une partie de son enfance à Dun, et ses plongées dans les archives sont ponctuées des souvenirs personnels qu’elle garde de ce drôle de «village des fous».

Vider les asiles

Généralisés par une loi qui n’a pas cinquante ans, les asiles psychiatriques de la fin du XIXe siècle souffrent de leur succès. Noyés sous l’afflux de patients, accusés de servir d’instrument de répression policière, ils «ne peuvent plus remplir la fonction de soin et de protection» qui leur était assignée. «L’asile, non seulement rend plus fous ceux qui l’étaient en entrant, mais fait même basculer dans l’aliénation ceux qui ne l’étaient pas». Un courant antialiéniste se développe qui estime que, pour garder une chance de soigner les malades curables, il faut libérer les hôpitaux des malades «chroniques qui les encombrent». La colonie de Dun naîtra de ce constat et de la découverte d’expériences similaires menées avec succès en Écosse ou en Belgique.

Très vite, les familles de Dun se pressent pour devenir les «nourrices» de ces locataires un peu particuliers. Juliette Rigondet raconte leur histoire et celle de leurs protégés abîmés par l’existence ; uniquement des femmes au départ, mais les hommes ne tarderont pas à arriver. «Il y aurait, pour chaque dossier examiné, un roman à écrire pour faire exister ces femmes et ces hommes, pour ne pas les oublier, pour mieux comprendre les engrenages qui les ont conduits ici», écrit l’auteur.

Hébergés au cœur du village et dans les campagnes alentour, travaillant parfois, les malades s’intègrent à la vie locale. Car le projet de ces accueils thérapeutique est aussi de les plonger à nouveau dans la société, avec quelques guérisons spectaculaires ; même si cette liberté retrouvée a aussi ses revers et dangers. Entre les «civils» et les «malades», les «normaux» et les «fous», écrit la journaliste, les relations n’ont pas toujours été au beau fixe et les habitants étaient parfois prompts à moquer les malades, voire à abuser de leur fragilité. Mais «des liens familiaux, affectifs se sont réellement tissés». Dun nous raconte finalement toute la versatilité de l’âme humaine, capable du pire comme du meilleur.

Un village pour aliénés tranquilles, de Juliette Rigondet, Ed. Fayard

https://sante.lefigaro.fr/article/l-etrange-et-belle-histoire-d-un-village-des-fous-au-19e-siecle/?fbclid=IwAR3__saquvWofpSTi-nckIpLE5naJMDb5btJdiBTKGoxqJLsjF5dy3i0rHQ

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Commentaires
C
bonjour mon amie encore un texte que je vais lire tranquillement, j'ai connu dans le Loir et Cher une institution qui avit comme thérapie faire du théatre aux malades..je pourrais t'en parler longtemps c'était la clinique de la Borde et le dr Oury en était le directeur..c'était un homme que je n'oublierai jamais ...je l'ai consulté dans les années 80...un GRAND  homme a l'écoute de ses patients...bises et bon jeudi je pars au marché  le soleil brille... 
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P
C'est un beau reportage que tu nous offres. J'ai vu pas mal de film à ce sujet et je suis convaincue qu'il y a beaucoup à faire encore, tous ne sont pas dangereux et je trouve cette expérience beaucoup plus humaine. Souvent je vois des jeunes entourés d'éducateurs qui emmènent les patients dans des parcs ça c'est bien à la piscine aussi souvent des adolescents et enfants anormaux. Et un jour un éducateur est venu à ma rencontre car un de ses patients venait me parler et lui a demandé de ne pas me déranger, je lui ai dit laissé tranquille il ne me dérange pas du tout. J'étais avec mes petits fils et je leur ai expliqué par la suite, car l'éducateur avait peur qu'il dérange. Moi ça m'a fait plaisir. Ce village est un exemple et nous ne devrions pas mettre tout le monde dans des cases. Je m'éloigne un peu mais on met les personnes âgées dans des cases les jeunes les handicapés je pense que tout cela est une grosse erreur. GROS BISOUS ma Bérénice tes billets sont toujours très intéressants et portent à réflexion.
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S
Coucou Berenice,<br /> J'aime beaucoup ton article et je suis bien d'accord, mais tu sais on enferme les gens dans des cases et donc on mets les personnes différentes dans ce genre d'endroit. Après la question est   "est ce pour les cacher ? parce qu'on ne peut pas s'en occuper ? ou tout simplement parce que l'on a pas envie de se prendre la tête avec eux ?<br /> Gros bisous et bonne journée
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B
J'ai vu des reportages sur cette petite citée et les résultats que l'on y obtient. En Afrique dans les villages ces aliènés vivent en liberté et sont pris en charge par la communauté. Ici on les enferment et on leur donne des médicaments qui les assomment...<br /> Bonne soirée
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R
Bonsoir Bérénice.<br /> Texte très instructif! <br /> Je te souhaite une bonne nuit suivie d'un excellent jeudi!<br /> Bises.<br /> Réjeanne<br /> Merci de ta visite!<br />
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