21
févr.
2021

Et si notre monde cherchait un nouveau souffle
Il y a quelques semaines, un ami me disait, que, pour lui, la célébration des anniversaires était ce que les humains avaient le plus banalisé, rendu au rang d'un gâteau illuminé dont on ne sait même pas expliquer le symbole de bougies que l'on doit souffler.
Il m'exprimait son désarroi en me disant que ce magnifique miracle de la vie qu'est une naissance était devenu un acte dérisoire, en tout cas souvent réduit aux "accidents" de l'histoire. Il me citait l'exemple d'un patient qu'il accompagnait et qui lui disait "...qu'on ne peut pas accepter quelque chose que l'on n'a pas voulu et décidé par avance". Cet homme n'avait jamais réellement consenti à sa vie et notamment aux mauvais traitements subis. Il n'est pas question de porter un jugement sur ce ressenti existentiel. Mais il nous questionne sur la manière dont nous nous relions à notre histoire et notamment au fait que d'autres, nos parents, ont décidé, du moins assumé, le fait de nous engendrer à la vie.
L'école nous apprend presque tout sur la vie, sauf ce qui en conditionne la qualité et la saveur: pourquoi sommes-nous venus au monde? Je sais, c'est une question réservée en occident aux religions que pendant longtemps la philosophie a hésité à aborder. La psychanalyse et la psychologie aussi. Lorsque j'ai découvert l’œuvre du psychiatre autrichien Viktor Frankl(1), j'ai été surpris de lire à plusieurs reprises sa conviction que le mal le plus profond de l'être humain, était de type "spirituel", c'est-à-dire d'une incapacité à découvrir un sens à notre vie et d'une inaptitude à comprendre en quoi les pires souffrances peuvent être sublimées par la force de l'esprit.
Si vous fêtez votre anniversaire aujourd'hui, je vous souhaite du fond du coeur de pouvoir entendre une voix qui vous dit: "La vie t'as été donnée, et toi, que lui donnes-tu, qui puisse donner un nouveau souffle à ce monde"?
Marc Maronne
(1) Professeur de neurologie et psychiatrie à la faculté de médecine de l'université de Vienne, Viktor Frankl dirigea pendant 25 ans la polyclinique de Vienne. Elève de Freud et d'Adler, il créa la logothérapie, ou thérapie par le sens (logos) de la vie, qu'il enseigna dans de nombreuses universités (Harvard, Stanford, Pittsburg, San Diego). Rescapé juif des camps nazis, Viktor Frankl est le fondateur après Freud et Adler, d'une approche psychologique et psychiatrique, la Troisième Ecole Viennoise, qui a révolutionné la psychothérapie. Pour lui, au-delà de la pulsion sexuelle (Freud) et de la volonté de puissance (Adler), la quête de l'homme est avant tout celle du sens.
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