
Ainsi soit-il
Au terme du jour,
Revisiter les heures,
Serrer contre soi
Le désir de fermer les yeux,
De porter dans le cœur
La lumière de la journée.
S’arrêter, prendre le temps
De laisser se décanter
La sève de ce qui a été,
Se poser, laisser venir
La rumeur intérieure,
Une voix venue d’ailleurs,
Dans le silence du soir,
S’asseoir, fermer la porte,
Ouvrir l’âme au plus secret,
Cueillir dans le tréfonds
Une parole aux aguets,
Là, maintenant,
Relire et relier les fragments de vie,
Les éclats de joie,
Et les peurs apaisées,
Avant de dormir,
Se dire que la flamme des rencontres,
Le feu de la parole,
S’impatientent de l’écoute de la nuit.
Lentement, doucement,
Laisser advenir la source de ce que je suis
Quand résonne en moi
L’écho d’un infini…
D’un mystère qui n’a pas dit son dernier mot.
Marc Maronne