Ce qui est né doit mourir Seul le non-né ne meurt pas. Trouvez ce qui jamais ne dort ni jamais ne s'éveille, et dont la pâle réflexion est notre sensation du « je ».
Ne faites rien, soyez. La méditation n'est rien d'autre. Demeurez ancré immuablement dans la conscience d'être. N'ayez aucune connaissance de quoi que ce soit. Soyez. Cela est.la parfaite méditation.
Que peut-on utiliser d'autre que la conscience pour s'ancrer dans la conscience ? Vous êtes le thème même de méditation de votre conscience.
Si vous ne pouvez arriver à abandonner l'idée que vous allez mourir, alors acceptez cette révélation : vous êtes l'ensemble du manifesté.
Il n'y a de stabilité que dans le sans forme. Dès qu'il y a un aspect, une couleur, l'esprit est sollicité et il se limite. Dans le social c'est cela que l'on veut : du changement, des aspects variés, du mouvement. Tout cela est du jeu, du passe-temps.
La conscience est en toutes choses, elle peut être perçue en tous objets car c'est elle qui maintient leur subsistance. La conscience est vécue et s'exprime à travers la totalité des formes mais elle n'est qu'une.
Le feu, l'air, l'eau, peuvent-ils être réduits à une forme?
Vous avez actuellement compris tout ce qu'il y avait à comprendre, vous ne devez pas rester ici plus longtemps.
Attention, qui êtes-vous ? Brahma, mais l'habitude du corps est toujours là ! J'estime néanmoins qu'à présent vous devez pouvoir vous appuyer sur la manifestation Brahma que vous êtes. Si, après avoir écouté tout ce qui a été dit pendant ces journées, vous persistez à vous relier au corps et à être stimulé par la vie du monde, c'est votre affaire mais ce sera un grand gâchis, une grande erreur. Branchez-vous sur votre manifestation en tant qu'être.
Il est facile de ne plus s'identifier au corps : observez le corps, observez la force vitale du souffle. Si vous pouvez l'observer, c'est que vous en êtes distinct. Comme plus tard observant la conscience vous serez au-delà de la conscience. Mais, tout d'abord, soyez un avec cette conscience. Vous ne pouvez en aucun cas vous confondre avec ce déguisement qu'est le corps. Se stabiliser dans la conscience entraîne la renonciation spontanée au physique et au matériel. J'insiste, un renoncement non délibéré, survenant de lui-même.
Vous croyez tous à votre vie individuelle bien qu'elle soit illusoire. Voyez donc, ce que vous considérez comme vrai change continuellement !
Pouvez-vous m'indiquer une seule chose constante? Seul le sens d'être existe mais vous ne parvenez pas à vous en rendre compte parce que tous vos points de comparaison sont eux-mêmes changeants. Seul, « je suis », quoi que vous fassiez, demeure nécessairement là, identique à lui-même.
Le « je suis » est l'âme de tout l'univers. Il est dans le ver, dans le ciel, dans l'homme, partout.
Tout répète « je suis ». C'est le principe dynamique que l'on s'efforce de tuer en le limitant au corps mais il est immortel.
Vous avez compris, il ne faut plus revenir. Vous savez sans hésitation ni doute, sans nécessité de réflexion, que vous n'êtes pas une femme. Vous le savez, même en rêve. Donc, vous devez savoir aussi spontanément que vous n'êtes pas ce corps.
La conscience seule accorde la conscience, adorez-la comme la forme la plus haute de vous-même.
Nisagardatta
Extrait du livre « JE SUIS » édité aux "deux océans".