Être malade au moyen âge
On est au moyen-âge et vous êtes malade, pas de chance , il va vous falloir survivre à votre maladie mais surtout aux remèdes.
Vous avez des engelures pas de problème, les mains trempées dans la suie additionnée d'eau devrait vous guérir.
La gueule de bois ,omelette d’œufs de chouettes avec des poumons de moutons. Si vraiment les symptômes de gueule de bois persistent, n’hésitez pas à faire frire un canari et à le consommer encore chaud, ou à manger des becs d’hirondelles moulues à moins que vous ayez consommé de l'anguille en prévision.
La teigne, un ulcère suppuré , une plaie, il vous faudra baigner tout ça dans votre propre urine, on dit qu'elle soigne de "la tête aux pieds".
Les fientes et divers excréments en particulier humains entrent, cuits ou mêlés à d'autres ingrédients dans les préparations médicales. Les excréments d'un jeune homme en bonne santé mêlé de miel sont souverains contre les maux de gosier et celles d'un homme roux distillées dans l'eau cicatrisent plaies et ulcères... !
Les fientes de chien ou de loup, de vache, de porc, et de chèvres selon les cas préparées dans des mixtures (parfois macérées dans du vin blanc ou de la bière) sont utiles dans les cas d'hydropisie, de piqûres d'insectes, de crachements de sang, de jaunisse, ou de petite vérole etc.
L'opothérapie universelle ( Emploi thérapeutique de cellules d'origine animale), est une thérapeutique avec des produits d'origine animale morts ou vifs (sangsues, bave d'escargot, venin de serpent, vers de terre cuits dans la graisse d'oie, grenouilles, agneau et poulets coupés en deux et appliqués tout chauds sur les lésions etc...
Les insectes ne font pas exception : les poux, gardés sur la tête car censés sucer le mauvais sang, (grillés ou mélangés à du jaune d’œuf) font cracher (on s'en doute !) abondamment les bronchiteux. Cloportes, toiles d'araignées, scorpions cuits, carbonisés, hachés et incorporés à d'autres ingrédients guérissent de la fièvre tierce, empêchent les hémorragies ou les otites...
Incorporés à de nombreux remèdes apparaissent des extraits minéraux inquiétants : vitriol vert (appellation de l'acide sulfurique, introduit par le persan Rhazès médecin et alchimiste) vert-de- gris, écume d'argent, mercure, pétrole (appelé huile de pierre) très recherché pour attirer les humeurs.
Saignées, ventouses, sangsues et lavements
Tout médecin connaît la pratique de la saignée permettant de purifier les mauvaises humeurs. Certains malades sont saignés jusqu'à quarante fois par an !. Les maisons de saignées se développent en raison de l'engouement pour cette méthode pratiquée par les barbiers-chirurgiens qui posent également les sangsues et les ventouses. Les saignées ont parfois pour conséquence d’affaiblir voire ''d'achever le malade''. Les lavements sont largement préconisés par les médecins.
La réalité de cette médecine a de quoi faire frémir, comment les malades de l'époque ont-ils survécu à certains de ces soins ?
l'opinion de Celsus : « mieux vaut tenter un remède incertain que de n'en tenter aucun » n'était certes pas d'un grand réconfort.... Les épidémies de peste noire qui séviront au XIVe siècle et au XVe siècle ne viendront pas démentir ce dicton.