
:En plein cœur de Paris, se trouve un joyau patrimonial, alliant opulence et féerie, signé par Charles Garnier.
D'origine modeste, celui-ci, ayant décroché le grand prix de Rome d'architecture en 1848, construisit ce qui manquait tant, depuis deux siècles, à la ville lumière, à savoir une salle d'opéra digne de ce nom. Avant sa réalisation, l'opéra Le Peletier (détruit par le feu en 1873) et celui de la rue de Richelieu (démoli en 1820) n'offraient guère l'ampleur et le faste qui conviennent à un temple de l'art lyrique à la hauteur de la capitale française.
Voulu par l'empereur Napoléon III (règne de 1852 à 1870), c'est en 1861, après avoir remporté le concours international organisé pour l'édification du nouvel opéra, que Garnier entreprit les travaux qui connurent bien des vicissitudes, jusqu'à leur achèvement fin décembre 1874, précédant de peu l’inauguration définitive et solennelle, sous la Troisième République, le 5 janvier 1875.
Avant cette date, une première inauguration partielle du bâtiment incomplet eut lieu le 15 août 1867. Pour ce monument grandiose, de plus de 11000 mètres carrés de superficie au sol, l'architecte opta pour l'éclectisme, ce qui intrigua et dépita l'impératrice Eugénie. Elle l'interpella de la sorte : « Qu'est-ce que c'est que ce style-là ? Ce n'est pas un style ! Ce n'est ni du grec, ni du Louis XV, pas même du Louis XVI ». L’intéressé lui répondit non sans ironie : « Non, ces styles-là ont fait leur temps...C'est du Napoléon III ! Et vous vous plaignez ! ».
Caractérisé par une somptuosité saisissante, parée d'élégance et d'un brin d'excentricité, l'édifice présente des espaces majestueux. Cette photographie illustre le grand foyer, ruisselant de dorures, dont la conception est inspirée de celle de la galerie des glaces au château de Versailles. Les splendeurs de Paris sont immortelles… (Par M. Khaled Hizem)