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Marie-Amélie de Bourbon-Sicile (1782-1866)

Cette princesse, descendante de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche naît dans le royaume des Deux-Siciles en 1782. Elle est la fille de Ferdinand Ier de Bourbon et de Marie-Caroline d'Autriche. Un couple que tout oppose : le roi est paresseux, débauché, grossier, inculte ; la reine est raffinée, très intelligente, impérieuse et autoritaire. Les heurts dans ce couple sont fréquents et marquent l'enfance de Marie-Amélie. La pieuse princesse reçoit une éducation raffinée et soignée sous la houlette d'une gouvernante sévère. Elle voit avec tristesse ses soeurs se marier et quitter la Cour de Caserte. Elle est fiancée à son cousin germain, le Dauphin Louis-Joseph, fils aîné de Marie-Antoinette (soeur de sa mère) et de Louis XVI. Mais la mort du jeune prince en 1789 bouleverse tout l'échafaudage, d'autant que la France connaît alors une crise révolutionnaire. En 1793 l'exécution de Marie-Antoinette est ressentie douloureusement par la mère de Marie-Amélie. Celle-ci jure de venger sa soeur et Marie-Amélie grandit alors dans la haine de la France révolutionnaire. En 1798 les armées françaises obligent la famille royale des Deux-Siciles à quitter Naples et à s'embarquer pour la Sicile. Dans la traversée, la reine a la douleur de perdre un fils !

En Sicile, Marie-Amélie est prise entre les querelles de ses parents, elle assiste aux manigances des Anglais, qui obligent la vieille reine à prendre la route de Vienne en 1800, accompagnée de ses 3 filles célibataires : Amélie, Christine et Antoinette. En Autriche, Amélie a un coup de coeur pour un cousin, l'archiduc Antoine. Mais l'empereur François II, chef de famille, et aussi beau-frère d'Amélie, met vite un terme à cette idylle. Vers 1802 la reine des Deux-Siciles rentre à Palerme avec ses filles. Antoinette est choisie pour devenir l'épouse du prince des Asturies, le débauché et laid Ferdinand d'Espagne : la malheureuse Antoinette décède dès 1806, et Amélie se promet de rester célibataire plutôt qu'unie à un étranger inconnu et cruel ! Sa soeur Christine est unie au prince de Piémont, et Marie-Amélie se retrouve la seule fille du couple royal célibataire. Elle pense rester vieille fille quand débarque à Palerme un prince français en exil, Louis-Philippe d'Orléans.

Celui-ci est un descendant du frère de Louis XIV, Philippe d'Orléans (1640-1701). Son père, Philippe Egalité a rejoint les rangs de la Révolution dès 1789, et son fils aîné, notre Louis-Philippe a combattu dans les armées révolutionnaires. Mais révolté par la mort de Louis XVI, poussé par le général Dumouriez, le prince a quitté l'armée et a émigré en avril 1793, provoquant la chute des siens : son père et ses deux frères ont été arrêtés, ainsi que sa mère, sa tante et son cousin, le prince de Conti. L'ex-duc d'Orléans a été jugé puis guillotiné en novembre 1793, sa mère et sa tante ont été exilées en Espagne en 1795, ses deux jeunes frères ont été libérés, mais contraints à l'exil aux Etats-Unis en 1796. Revenus en Europe, les deux princes sont morts de maladie en 1807 et 1808, et Louis-Philippe se retrouve donc le seul héritier de la Maison d'Orléans. En 1809, il décide, avec sa soeur Adélaïde, de se réfugier en Sicile, dans un Etat non soumis au joug napoléonien. Il sait qu'il doit se marier pour perpétuer sa dynastie, mais aussi pour se racheter auprès des royalistes : Marie-Amélie est la candidate idéale, puisque nièce de la reine martyre, Marie-Antoinette. La demande en mariage est au début plutôt mal accueillie par la reine Marie-Caroline, mais Louis-Philippe insiste, et surtout Amélie, séduite, tient tête à sa mère, et finit par obtenir son accord. Le mariage est célébré simplement en présence des parents de la mariée, et de la mère et de la soeur du marié. Le jeune couple est très uni et le restera jusqu'à la fin. Amélie donnera le jour à 10 enfants, dont 8 parviendront à l'âge adulte : Ferdinand, Louise, Marie, Louis, Clémentine, François, Henri et Antoine. La mort de la petite Françoise en 1818, puis celle du petit duc de Penthièvre en 1828 plongèrent Amélie dans un profond chagrin.

Elle soutient activement son mari, prend son parti contre tous, y compris ses parents. Elle tremble lorsqu'il est au loin, parti guerroyer en Espagne contre les troupes de Napoléon. En 1814, après la chute du tyran corse, le couple Orléans quitte Palerme et rejoint la France. Amélie découvre avec ravissement le pays de son mari. Le couple s'installe au Palais-Royal à Paris, ou à Neuilly, à la campagne. Elle apprend avec tristesse la mort de sa mère fin 1814. En mars 1815 le retour de Napoléon oblige Amélie à se réfugier en Angleterre avec ses enfants. Louis-Philippe la rejoint très vite.

Après Waterloo, le duc d'Orléans préfère laisser sa famille à Londres, et fait la navette entre Paris et l'Angleterre. Le vieux roi Louis XVIII tient son cousin à l'écart, car il se méfie de son trop brillant parent. En 1817 la duchesse d'Orléans fait son retour à Paris. Elle se partage entre sa vie mondaine, ses charités, et l'éducation de ses enfants. Tous reçoivent une solide formation intellectuelle, sportive et artistique, tant filles que fils, ce qui est une grande nouveauté pour l'époque. Contre l'avis du roi, les fils du duc d'Orléans fréquentent le collège. Louis-Philippe reçoit une société très hétéroclite : royalistes, bonapartistes, nobles, soldats, bourgeois ... et son épouse l'assiste dans ses réceptions. Elle sait recevoir, organiser de grandes fêtes, ainsi celle de 1830 en l'honneur de son frère, le roi de Naples. Elle s'entend bien avec sa cousine, la pieuse duchesse d'Angoulême, fille de Louis XVI, et nièce de Louis XVIII. Le vieux roi s'ingénie à humilier le duc d'Orléans, ne lui accordant pas le titre d'Altesse royale, titre qu'il accorde à Amélie, en tant que fille de roi.

En 1824 la situation change avec l'avènement de Charles X, frère de Louis XVIII. Le nouveau roi, réactionnaire, se montre favorable aux Orléans. La belle-fille du roi, la duchesse de Berry, est la nièce de Marie-Amélie, mais les deux femmes se jalousent. Mais la duchesse d'Orléans peut compter sur l'affection de sa cousine, la duchesse d'Angoulême, devenue Dauphine. Charles X ne commet que des bévues, s'aliénant les bourgeois, l'armée, les républicains ... cependant que Louis-Philippe se tient en retrait. En 1830 le vieux roi est renversé par une révolution, et contraint à l'exil. Les chefs de la révolution, des bourgeois, des banquiers, le vieux général La Fayette, redoutant une république, invitent le duc d'Orléans à accepter le titre de roi des Français. Amélie est sans doute froissée de cette accession au pouvoir par la voie démocratique, mais elle se tait, et soutient son mari. La voilà reine des Français !

Louis-Philippe Ier gouverne sagement et modérément, en s'appuyant sur la Charte. Le couple royal doit s'installer aux Tuileries. Marie-Amélie seconde son mari, s'occupe d'oeuvres de charité, organise des réceptions. Elle s'occupe toujours de l'éducation de ses enfants. Le roi est la cible de nombreux attentats, mais il y fait face avec courage et dignité. La reine s'inquiète pour sa sécurité. Elle veut marier ses enfants : en 1832 Louise épouse le roi des Belges, Léopold Ier ; en 1836 Ferdinand, duc d'Orléans, épouse Hélène de Mecklembourg, princesse protestante, ce qui ne réjouit guère la pieuse Amélie. La même année, Marie épouse Alexandre de Wurtemberg. En 1840 Louis, duc de Nemours, épouse Victoire de Saxe-Cobourg ; en 1843 Clémentine épouse Auguste de Saxe-Cobourg, frère de Victoire ; François, prince de Joinville épouse Françoise du Brésil (1843) ; en 1844 Henri, duc d'Aumale, épouse Marie-Caroline de Bourbon-Sicile ; enfin, en 1846 le petit dernier de la famille, Antoine, duc de Montpensier, fait un mariage prestigieux, en épousant Louise-Fernande d'Espagne, soeur de la reine Isabelle II. Amélie est très fière de ses enfants, et de ses nombreux petits-enfants. Elle s'en occupe avec soin et amour. En 1839 elle a la douleur de perdre sa fille Marie. En 1842, elle croit perdre la raison en apprenant la mort de son fils bien-aimé, Ferdinand, tombé d'un fiacre. Mais Amélie se relève, s'occupe des enfants du défunt : la religion lui permet de faire face aux drames de ce genre. Elle soutient son mari dans sa volonté de faire de Dreux le lieu de sépulture des Orléans.

Avec la mort de son fils et héritier, Louis-Philippe perd un atout précieux : en effet, le jeune Ferdinand était un espoir pour les libéraux, rebutés par la politique de plus en plus autoritaire et personnelle du vieux roi. Le roi entretient de bons rapports avec la jeune reine d'Angleterre, Victoria. La souveraine anglaise rend visite au couple royal de France en 1843 et Louis-Philippe sera reçu en Angleterre en 1844. Mais cette "entente cordiale" n'est pas du goût des commerçants français. Les mariages espagnols en 1846 brisent cette fragile entente : la reine Victoria n'a pas apprécié que le duc de Montpensier épouse la jeune infante d'Espagne. Amélie ne dit mot, mais soutient son mari. En décembre 1847 le roi a la douleur de perdre sa soeur Adélaïde, qui le conseillait sagement. En février 1848, la révolution met brutalement fin au règne de Louis-Philippe Ier. Sous des noms d'emprunt, l'ex roi et son épouse gagnent l'Angleterre, où ils reçoivent l'hospitalité de leur gendre, le roi des Belges, au château de Claremont.

Là les Orléans vivent comme de simples particuliers. Amélie a la joie de réunir sa famille autour d'elle. En 1850 elle perd son époux tant aimé, douleur aggravée par la mort de Louise, reine des Belges. La vieille reine doit s'occuper de ses petits-enfants belges, Léopold, Philippe et Charlotte. Elle multiplie ses séjours sur le continent. En 1866 s'éteint la très pieuse Marie-Amélie de Bourbon-Sicile.

 

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Commentaires
Z
Bonjour,Berenice!20 degres aujourd'hui.Le papa du bon roi Louis-Philippe(qui a confisque la revolution de 1848 a son profit) ,Philippe-Egalite,a vote la mort de Louis XVI,son cousin,a la Convention.Pas etonnant que,une fois revenuss sur le trone,les Bourbon en ait qqpeu voulu a son rejeton...Bises amicales.
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L
Pas facile d'être reine ou princesses à ces époques cruelles en constant chamboulement ! Aujourd'hui le chamboulement continue, mais on a supprimé la guillotine...!<br /> En tout cas c'était une bonne pondeuse... 10 enfants et une ribambelle de petits-enfants, c'est la solution rêvée pour arriver à la démographie galopante d'aujourd'hui...<br /> Bisous et bon dimanche
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C
Tu sais quoi ? Je détestais les cours d'histoire/Géo et je passais mon temps à regarder par la fenêtre de la classe et rêvasser. Et maintenant çà me passionne.<br /> Bon dimanche ma chère Bérénice<br /> Gros bisou
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L
C'est la petite histoire de l'histoire.<br /> Pas le temps de tout lire ce matin mais j'y reviendrai.
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L
Ce qui me surprend toujours avec ces cours d'histoires, à l'époque pas d'avions mais ils étaient toujours "en navette" entre l'Angleterre,"l'espagne , l'Italie, les Amériques, alors que maintenant nous avons du mal à faire 20 km, grr, lol, bisous JL
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