
Le virus lève le voile
Il aura fallu un virus dévastateur
Pour que les français découvrent
Des métiers qu'ils connaissaient peu:
Soignant, éboueur, caissier, coiffeur, commerçant,
Restaurateur, hôtellier, saisonnier,
Fleuriste, libraire, livreur...
Il faudrait lister ici toutes les victimes
D'une crise qui n'a pas fini de sévir.
La pénurie et le confinement
Auront révélé au grand jour
L'existence invisible de ceux
Qui chaque jour nous permettent
De simplement continuer à vivre.
On aura même été quelque peu agacés
Par les plaintes et récriminations de corporations
Qui se sentaient oubliées par des décisions douloureuses.
J'ai même entendu la colère de pratiquants
Sur le parvis des cathédrales,
Preuve que Dieu, lui non plus,
Ne souhaite pas être confiné.
J'ai vu des personnes à la rue
Refuser de mettre des masques
Ou de se faire tester...
Quand il s'agit de survivre
La peur d'un virus se voit reléguée
Au rang d'un mal à relativiser,
La santé n'étant plus depuis longtemps
Le plus grand bien recherché.
Il aura fallu un virus
Pour que les doléances soient enfin affichées,
Que chacun se sente reconnu pour ce qu'il est:
Un serviteur de l'humanité.
Je prends conscience avec le temps
Qu'une pandémie est aussi le révélateur
De tous les maux cachés d'une société.
Le virus est un bien grand mal...
Espérons qu'un plus grand bien puisse en sortir.
Marc Maronne