Mon coiffeur frise la "quarantaine"
Je suis allé chez le coiffeur,
Pas question de rigoler,
La chasuble à peine enfilée,
Je dois obéir et filer droit,
Le masque impose sa loi de silence,
J'essaie de lancer une boutade,
Une cliente me regarde d'un air effarouché.
La reprise a été rude,
La semaine chargée,
Les visages sont fatigués,
L'atmosphère pesante,
Je devine l'usure des heures:
Prendre garde à bien respecter
Les consignes de sécurité
Et les distances imposées.
Les visages sont figés,
Les paroles crispées,
Les gestes auscultés,
Les regards suspectés.
Dans mon fauteuil
Je me sens calé comme jamais,
A méditer sur ce miroir
Dans lequel je sens le reflet d'une anxiété.
Le coup de ciseau est franc et sec,
La tondeuse rapide et efficace,
L'affaire est réglée en quelques minutes,
Je me sens léger et frais,
Prêt à affronter le poids des regards croisés.
Ma revanche ne tarde pas,
Elle vient comme un coup de vent qui décoiffe:
“Les coiffeurs se font des cheveux blancs
dès qu’ils frisent la "quarantaine".”
Guy-Guy Bouzoune
De Guy-Guy Bouzoune / Quand les tilleuls mentent
MM