De quoi sera fait demain?
Et si demain était aussi entre nos mains!
Voici une question à 0 € qui peut-être va taper dans le mille. Faites-vous partie des personnes qui croient que le futur est fait de ce que le temps qui vient fera de lui-même, ou êtes-vous de ceux qui pensent que l'avenir sera ce que nous le ferons, en travaillant d'arrache-pied à le faire advenir comme nous le souhaiterions.
Pour résumer: pensez-vous ou sentez-vous que la crise actuelle nous provoque à changer radicalement de mode d'existence pour sortir l'humanité de son risque d'effondrement, comme disent certains, ou vous cantonnez-vous à vous résoudre au fait que l'avenir est l'avenir et qu'on peut rien y changer, notamment à cause des déterminismes sociaux, techniques et environnementaux dans lesquels nous sommes désormais prisonniers. Lorsque j'essaie sérieusement de me poser la question à moi-même, j'avoue que j'hésite. J'aurais tendance à prendre des arguments des deux côtés, et non point à choisir l'un ou l'autre.
Prenons un cas concret. Hier soir, je me suis posté devant mon ordinateur, à 21h, pour écouter et participer en direct à la causerie-méditation proposée par le psychiatre Christophe André sur le thème: "Méditation et santé". Il ne s'agissait pas d'une conférence classique mais plutôt d'une causerie familière au cours de laquelle il voulait d'abord que l'auditeur-spectateur entre en connivence d'esprit et de coeur avec ce qu'il avait à partager avec les internautes. Je me suis prêté au jeu et me suis embarqué avec le millier de personnes qui suivaient ce rendez-vous fort atypique.
Ma surprise fut à son comble lorsque je constatai que le médecin psychiatre bien connu nous invitait à faire de nos inspirations-expirations un motif de connexion bienveillante avec tous ceux qui étaient malades ou souffrants. Avec lui, j'entrai donc dans une forme de communion de pensée et de coeur qui consistait à offrir notre bienveillance et notre compassion à toutes ces personnes malades. Ces mêmes personnes étaient invitées à recevoir avec gratitude ces pensées d'internautes en bonne santé.
J'ai trouvé ce moment-là grandiose et très touchant, je vous l'avoue. Qu'on puisse ainsi se mettre à croire que l'exercice n'avait rien de magique ou de superstitieux mais que le simple fait de faire converger ces esprits au même moment pouvait apaiser nos cœurs et nous mettre en lien alors même que la crise sanitaire pourrait imposer des "barrières" séparatrices et anxiogènes.
Je ne sais pas si j'ai répondu à la question initiale que je me posais. Ce que je sais, et j'en suis sûr, c'est que dans ces moments de partage intense, il me semble qu'il est réellement possible de transfigurer les choses et sans doute de "modifier" la marche du monde. Je ne sais pas si la souffrance de ceux qui étaient connectés à ce moment-là a été atténuée. Ce que je sais c'est que j'ai senti un courant de communion et d'unité dont j'avais besoin pour croire que l'avenir n'est pas une partie de poker. Il est dans ces instants de grande intensité spirituelle et existentielle où nous le construisons ensemble. L'avenir ne se fabrique pas, ne se bricole pas à coups de génie technique ou technologique.
Sans doute sommes-nous, pour une bonne part en tout cas, "les configurateurs du monde" (Heidegger) qui advient quand nous sommes en lien. Merci à Christophe qui donne tant de lui-même pour nous introduire en cette intériorité agissante.
MM