Au fond de mon jardin,
Il y a un sentier,
Un chemin de terre où passants
Et promeneurs vont, chemin faisant,
Marcher et rêvasser du côté
De la vie où le ciel fait entendre
Le silence loin de la rue.
Un sentier dans lequel des jardiniers du quartier
Ont trouvé le refuge de leur passion d'été:
Le potager, la détente et l'entretien des arbres fruitiers.
Dans le sentier il fait bon baguenauder,
Observer les derniers semis,
Écouter les oiseaux et parfois
Mettre un pied dans l'eau.
En cet espace de paix et de silence,
Le bruissement des feuillages
Sous le vent léger des soirs de printemps
Fait frétiller les peupliers
Et aboyer un chien esseulé.
Le sentier est un carrefour,
Offert à toutes les conversations,
De la météo aux astuces de jardinage
En passant par les rumeurs
Et les ragots de derrière les fagots.
Il paraît que naguère,
Une cabane abritait un rendez-vous
Régulier à l'heure de l'apéro,
A midi ou en fin de journée.
Le sentier en a vu de toutes les couleurs,
Non seulement des fleurs
Mais aussi des divisions et des rancœurs.
Le sentier sait d'expérience
Que les hommes ne sont pas parfaits,
La voie est étroite et parfois escarpée
Entre paradis recherché
Et diableries à peine dissimulées.
Mon sentier est un tableau
De l'humanité aux multiples visages.
MM